Jean-Philippe Hames en pince pour ses écrevisses à « pattes rouges » !

Dans le thionvillois, Jean-Philippe HAMES est passionné par son élevage d’écrevisses à « pattes rouges » (Astacus astacus) Une production rare qui nécessite une exigence de qualité. Une clientèle réduite et renommée pour un produit considéré comme « haut de gamme », agréé Qualité MOSL.

L’écrevisse à « pattes rouges » (Astacus astacus L.) est un crustacé décapode dulçaquicole, amphibie, autochtone d’Europe.

Ce petit crustacé d’eau douce, cousin du homard, est le symbole même de la qualité des eaux. En effet, son élevage nécessite une technicité forte et une qualité des eaux irréprochable. L’animal est unbioindicateur très fiable. On dit que l’écrevisse est une espèce-sentinelle, réagissant rapidement aux variations de son milieu. Elle a besoin d’un environnement respectant certains paramètres physicochimiques (que l’on retrouve principalement dans les eaux de 1ère catégorie) avec des variations saisonnières de températures permettant l’accouplement (7-8°C à l’automne), l’incubation, l’éclosion, et le grossissement (température optimale aux alentours de 21°C durant les mois d’été). Le corps de l’écrevisse est protégé par un exosquelette (carapace) et sa croissance se fait par mues successives (exuviation). Pour reconstituer sa cuticule, l’écrevisse utilise du calcium dissous, d’où l’importance de pouvoir bénéficier d’un milieu calcique.

Dans le thionvillois, l’eau de source utilisée par notre éleveur est pure et bien oxygénée. Elle se jette dans un étang aménagé avec des petits abris pour les écrevisses, entouré par une roselière. L’élevage comprend aussi différents bassins employés en fonction de l’âge des écrevisses. Le site, très humide, est bucolique : une ancienne abbaye et un ancien moulin féodal. Les écrevisses étant lucifuges, leur période d’activité est essentiellement nocturne. Elles colonisent principalement les berges qui doivent donc être aménagées afin d’éviter une compétition entre spécimens et permettre une répartition suivant leur préférendum thermique. Le sexe-ratio est de 1 mâle pour 3 à 4 femelles. 

Jean-Philippe HAMES est intarissable sur ses petites protégées. L’élevage est extensif et s’effectue sans apport de nourriture. Notons qu’il faut environ cinq ans pour qu’une écrevisse atteigne une taille commercialisable.

En milieu naturel, cette espèce protégée a tendance à disparaître en raison de la dégradation de la qualité des eaux et de la présence d’espèces allochtones (vectrices d’un champignon parasitoïde), notamment originaires d’Amérique du Nord.

Il s’agit d’une espèce intégrée à la liste rouge mondiale des espèces menacées. Elle représente un fort enjeu écologique et les modalités de gestion des cours d’eau doivent en tenir compte.

Cet élevage a permis en outre le développement d’un projet de recherche doctoral (Université de Liège, Belgique) étudiant les principes de la communication acoustique chez Astacus astacus. Au delà de l’approfondissement des connaissances éthologiques, d’autres perspectives, en matière de biodétection par exemple, peuvent être envisagées.

M. Jean-Philippe HAMES vend ses produits en circuits courts.  Il dispose d’un réseau spécifique de clients pour un produit considéré comme « haut de gamme ». Seule la variété « pattes rouges » est d’intérêt gastronomique. Aucun apport de nourriture n’est effectué, les écrevisses se développent exclusivement grâce aux ressources de leur milieu, d’où l’importance d’une gestion raisonnée. Cet élevage d’écrevisses à « pattes rouges » est logiquement un biotope d’exception. M. Jean-Philippe HAMES, passionné, se bat pour le protéger et le développer et pour en faire aussi un lieu de recherche scientifique.

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